1848 : le suffrage universel masculin

Le droit de vote pour tous les hommes quel que soient leur revenu est instauré en 1848 suite à la révolte du peuple. Jusqu’à présent en effet seuls les riches avaient le droit de voter, soit une petite minorité de la population.

Les travailleurs et travailleuses dans la misère

Durant l’Ancien Régime, l’aristocratie est au pouvoir. Mais suite à 1789 et avec la révolution industrielle, les bourgeois s’enrichissent et prennent peu à peu le pouvoir à leur tour. L’économie n’est plus régulée et les inégalités augmentent plaçant les ouvrier.e.s dans une grande détresse. Aucune loi ne protège les ouvrier.e.s à cette période. Hommes et femmes travaillent en effet 14 heures par jour, sans aucun jour de congé ni hebdomadaire ni annuel, et ce dès l’âge de 8 ans.

En 1840 déjà la crise économique frappe le pays, créé du chômage et la hausse des prix, en particulier du pain. Entre 1830 et 1842 de nombreuses grèves ont lieu. C’est en 1840 que les grèves sont les plus nombreuses. Les ouvriers demandent une augmentation des salaires, la baisse du temps de travail à 12 heures par jour ainsi que la baisse du prix du pain.

La tension est ainsi déjà grande lorsqu’en 1847 une nouvelle crise économique fait exploser le prix du pain. Le peuple est affamé.

En février 1848 la population se révolte et provoque un véritable séisme. En trois jours, les 22, 23 et 24 février, le roi Louis Philippe est contraint d’abdiquer. Les vainqueurs de février souhaitent d’abord mettre un terme à la misère, diminuer le temps de travail, abolir le marchandage sur le salaire journalier et améliorer les conditions de vie des travailleurs. Hommes et femmes manifestent dans la rue, bannières en tête pour obtenir une véritable transformation de la condition ouvrière.

Des mouvements de révolte ont lieu partout en Europe à cette époque : Belgique, Allemagne, Autriche, Pologne, Hongrie, Roumanie, Italie voire Royaume-Uni.  1848 est « le printemps des révolutions « .

Suite aux révoltes de nombreux droits sont mis en place

Un gouvernement provisoire est donc proclamé à la hâte par les grands journaux de l’époque et à l’issu d’une campagne dite « des banquets ». Ce gouvernement va mettre en place de nombreux droits en deux mois et demi.

Après avoir proclamé la république le 24 février, il décrète le droit au travail le 25, puis l’abolition de la peine de mort pour raison politique et la libération de tous les détenus politiques..
Il proclame également le droit de réunion (c’est-à-dire le droit de se rassembler à plus de 20 personnes). Le droit de timbre est également supprimé libérant ainsi la presse. Ces droits permettent à chacun d’écrire, pétitionner, débattre, etc.
Les titres de noblesse sont abolis. La justice est dorénavant rendue au nom du peuple français.
Le 2 mars, les principaux décrets répondent aux revendications exprimées lors des grandes grèves de 1840, comme la limitation de la journée de travail (10h à paris, 11h en province) et l’abolition du marchandage. Le 4 mars l’abolition de l’esclavage est proclamé suite aux nombreuses révoltes des esclaves dans les colonies. Des ateliers nationaux sont également ouverts pour donner du travail aux hommes, il faudra attendre le 10 avril pour qu’ils soient ouverts aux femmes.

Le droit de vote pour tous les hommes, riches ou pauvres

Une des mesures phares est l’instauration du suffrage universel masculin pour tous les hommes âgés de 21 ans et jouissant de leurs droits civils. Jusqu’à présent effectivement seuls les hommes qui payaient des impôts pouvaient voter, c’est-à-dire les plus riches et très peu de français en fait à l’époque. En effet la Constitution de 1791, prévoyait un suffrage censitaire où seuls les hommes de plus de 25 ans, payant un cens (un impôt direct) égal à la valeur de trois journées de travail, avaient le droit de voter.  Les élites de l’époque considéraient que seuls les riches contribuaient à l’économie du pays et que le reste du peuple n’étaient pas assez intelligents pour donner leur avis sur les politiques en place. Avec le suffrage universel masculin, le nombre d’électeurs passent ainsi de 235 000 à près de 9 000 000, donnant un poids politique beaucoup plus forts aux citoyens des campagnes et aux pauvres en général. Il faudra attendre 1944 pour que le droit vote soit ouvert aux femmes et deviennent ainsi réellement universel.