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La débrouille et l'entraide : des ressources importantes pour faire face à la galère ! - Collectif POP

La débrouille et l’entraide : des ressources importantes pour faire face à la galère !

Quand on est en galère, on déploie souvent beaucoup d’énergie pour essayer de trouver des solutions… Au sein des milieux populaires, trois principales solutions sont utilisées. La débrouille permet de trouver des alternatives, souvent un peu bricolées, pas toujours parfaitement légales, pour s’en sortir. L’entraide, au sein de la famille, entre voisins, permet aussi par des échanges de services, de garder la tête hors de l’eau. Enfin, lorsque cela ne suffit pas, nombreux.ses sont celles et ceux qui ont recours à la solidarité via l’aide des associations caritatives. Voici un petit tour d’horizon de ces 3 plans anti-galère. 

 

1. La débrouille

Quand on est dans la galère, la débrouillardise n’est pas une option, c’est indispensable ! Avec trois bouts de ficelle, on aménage un appartement, on trouve un four, on répare sa voiture…Même les enfants se débrouillent. Ils se créent des jeux avec trois fois rien, ou fabriquent eux-mêmes leurs jouets. Voici un petit tour d’horizon du système D.

L‘auto réparation et l’économie informelle. Les savoirs-faires ouvriers et artisanaux liés aux métiers populaires n’ont pas que des inconvénients. Grâce à cela, de nombreuses personnes bricolent elles-mêmes ou avec l’aide d’un proche. Faire réparer sa voiture, un électro-ménager, se fabriquer des meubles … Cette pratique est parfois à la limite de la légalité. Dans les quartiers populaires, les« garages sauvages » fleurissent. Le travail au noir est aussi répandu pour les travaux de maisons. Cela peut constituer un revenu important pour des personnes sans emploi. Et pour les autres, c’est souvent ce qui permet de pouvoir réparer sa voiture ou faire ses travaux malgré un salaire trop faible…

L’auto-consommation consiste à consommer des aliments qu’on a produits soi-mêmes. Elle reste faible en France mis à part chez les agriculteurs… Mais elle est toutefois plus forte chez les retraités et les ouvriers que chez les cadres. En effet, pour ceux qui ont la possibilité de cultiver un potager, cela peut représenter une économie importante. D’après un rapport de l’INSEE, cela représenterait 23% de la dépense par personne en légumes, et 12 % en fruits!¹

La récupération et l’achat d’occasion sont également des pratiques répandues. Dons au sein de la famille, entre voisins, achat dans les brocantes, sur des sites internet d’occasion ou à Emmaüs… Tout cela permet d’avoir des vêtements pas chers ou gratuits pour les enfants. C’est aussi comme cela que de nombreuses familles meublent leur logement et peuvent avoir un four  ou une machine à laver. L’achat de voitures d’occasion est majoritaire. Même si les prix ont baissé, pour de petits revenus, le neuf reste encore souvent inaccessible pour ces produits au coût important.

A l’heure ou ces pratiques sont prônées comme plus écologiques, il faut souligner qu’elles sont déjà largement pratiquées par les milieux populaires !

 

2. L’entraide

En s’entraidant les uns et les autres, on trouve des solutions, et du baume au coeur ! Plusieurs formes d’entraide assez importantes existent au sein des milieux populaires.

La plus importante d’entre toutes est sans doute, l’hébergement de proches en galère. La Fondation Abbé Pierre recensait ainsi en 2017, 643 000 personnes en hébergement contraint chez des tiers². Il s’agit notamment de jeunes qui n’arrivent pas à décohabiter pour des raisons financières (153 000), de personnes qui reviennent vivre chez leurs parents faute de logement (339 000), et de personnes sans logement hébérgées par des personnes sans lien de parenté directe (152 000). Cette entraide très forte permet de ne pas tomber à la rue. Et c’est essentiel, car la rue, ça tue... Tomber à la rue, c’est perdre 30 ans d’espérance de vie, avec une moyenne à 47,6 ans… Une entraide vitale !

Une autre forme d’entraide importante est la garde des enfants. En effet, beaucoup de familles populaires galèrent pour faire garder les enfants. Les horaires décalés et des revenus trop faibles ne permettent pas toujours de pouvoir payer une garde ou une activité. C’est d’autant plus compliqué pour les parents seuls à avoir la garde principale des enfants. Ainsi, ce sont souvent les grands-parents qui assurent la garde complète ou complémentaire des enfants. Les frères et soeurs, des ami.es ou des voisin.es peuvent aussi assurer un dépannage³. Cela permet ainsi aux deux parents de garder deux emplois, ou aux parents seuls de continuer à travailler. Et donc de garder un revenu décent.

Enfin, dans les quartiers populaires, les voisins pratiquent aussi très régulièrement l’échange de petites choses ou de petits services. On donne à son voisin quelques produits de son jardin, des confitures maisons ou bien un plat qu’on a cuisiné… On s’aide pour de petits travaux de dépannage mobilisant des savoir-faire ouvriers4. Les déménagements sont aussi l’occasion d’une importante entraide familiale et amicale. Ces petits échanges ne sont pas seulement utiles pour s’en sortir. C’est aussi ce qui donne un côté chaleureux et convivial aux voisinages populaires !

 

3. La solidarité des personnes plus aisées

Malheureusement, parfois, la débrouille et l’entraide ne suffisent pas. Dans ce cas, les personnes de milieux populaires ont aussi parfois recours à la solidarité des personnes plus aisées. Elles trouvent ainsi l’aides d’associations caritatives, grâce aux dons de ceux qui peuvent :

  • 4 à 5 millions de personnes ont eu recours à l’aide alimentaire en 2016. Cette aide, qui équivaut en moyenne à une dépense de 92 euros par mois, n’est pas du tout négligeable pour de petits revenus.5
  • il existe aussi des aides vestimentaires, mises en place par exemple par la Croix Rouge ou Emmaüs
  • l’opération Pères Noëls Verts du Secours Populaire permet aussi à des familles avec peu de moyens de pouvoir faire des cadeaux aux enfants à Noël. Il existe aussi des aides pour les vacances, les loisirs des enfants,  etc.

De nombreuses autres initiatives solidaires pourraient être citées. Mais pour les bénéficiaires, ce n’est pas une solution facile… Il est souvent dur pour sa propre estime, de franchir le pas d’une banque alimentaire ou du bureau d’une assistante sociale… Ces solutions permettent cependant à de nombreuses personnes d’éviter le pire : ne plus pouvoir se nourrir, s’habiller…

 

Et vous, comment faites-vous face à la galère ? Quels sont vos plans débrouille et entraide ? Dites-le nous en commentaires !

Pour aller plus loin : nos sources

  1. France Caillavet, Cédric Lecogne et Véronique Nichèle, La consommation alimentaire : des inégalités persistantes mais qui se réduisent, INSEE, 2009
  2. Fondation Abbé Pierre, 22e rapport sur le mal logement en France, 2017
  3. enquête Modes de garde et d’accueil des jeunes enfants de la DREES, édition 2013 – voir en fin de page diverses synthèses de 2016 sur le rôle des grands-parents, l’organisation entre parents etc…
  4. Pierre Gibert, Comment la rénovation urbaine transforme les classes populaires, Métropolitiques, 8/11/2018
  5. Voir l’« Étude portant sur les modalités de distribution de l’aide alimentaire et d’accompagnement aux personnes développées dans ce cadre », Direction générale de la Cohésion Sociale, novembre 2016.