populaire = décontracte

Grandir dans un milieu populaire présente pas mal d’inconvénients… Mais il y a aussi quelques avantages. On est moins obligés de se tenir bien, de parler de façon « distinguée »… On peut jouer, parler fort ou mal, manger avec plaisir, flâner dehors … Bref, prendre du bon temps de façon simple, avec peu de moyens… Moins élégant, mais plus détendu. Ainsi, nombre d’enfants de milieux populaires ont le souvenir d’une enfance heureuse, malgré le manque de moyens. Pour les adultes, ce style décontracte est aussi une soupape… Un bon moyen de décompresser du travail et des soucis du quotidien !

 

1. Moins de chichis, plus de liberté dans la façon de parler et de se tenir

Dans les milieux bourgeois, la pression sur la tenue du corps et du langage est forte. Au programme pour les enfants, en plus de l’école : danse classique, équitation, musique, tennis… L’éducation à « bien se tenir » et à « parler correctement » donne des adultes élégants, mais aussi parfois un peu … coincés ! Or dans certaines situations, il vaut mieux savoir se lâcher , que bien se tenir. Dans les milieux populaires à l’inverse, la tenue du corps et le langage ne sont pas toujours très « sophistiqués »… mais cela permet aussi une certaine liberté physique et verbale. Voici quelques exemples.

Les corps, la tenue sont plus contrôlés dans les milieux les plus aisés : il faut se tenir droit, ne pas faire de bruit, marcher élégamment … il est vrai que cela donne de la prestance et de l’assurance. Mais parfois, pouvoir bouger plus librement, c’est aussi une respiration ! Ainsi, les enfants de milieux plus aisés sont souvent éduqués à se tenir tranquilles… Les enfants de milieux populaires sont plus libres de courir, sauter, crier, rire fort … Cela leur permet d’exprimer leur énergie, leurs émotions, et de développer des compétences psycho-motrices importantes aussi pour bien grandir. Une fois adultes, cela permet aussi d’avoir moins de difficultés à s’asseoir par terre pour profiter d’un pique-nique, dire quand on est fâchés, ou rire aux éclats !

La façon de parler des milieux populaires est également souvent un sujet de mépris. « Votre enfant manque de vocabulaire, il s’exprime mal »… Voilà un reproche que vous avez peut-être entendu à l’école, pour vous ou pour vos enfants… Il est vrai qu’avoir un vocabulaire riche et un langage plus soutenu sont importants pour s’exprimer et aussi être reconnu au travail… Mais pouvoir parler de façon plus simple,  c’est aussi une condition pour se comprendre avec des personnes de milieux différents. Et on peut aussi prendre un malin plaisir à utiliser des mots en argot,  des expressions populaires ou des gros mots! Par ailleurs, entre l’argot, le patois et les langues étrangères maternelles ou des voisins, le vocabulaire est moins restreint qu’il n’y parait dans les milieux populaires. Et parler plusieurs langues ou en être familier est aussi une richesse pour la pensée. Cela accroit la facilité à comprendre plusieurs façons de voir le monde. Bref, ça rend l’esprit souple et plus ouvert !

 

2. Des loisirs pour se détendre et s’échapper de la pression du quotidien, avec des moyens modestes

Loin des musées et autres « pratiques culturelles » plus bourgeoises, ouvrier.es et employé.es trouvent des façons de se détendre et d’oublier leurs soucis.. avec les moyens du bord. Dans les moments de pause, libéré.es de la pression du travail et des jugements sociaux, on peut respirer, s’évader, se détendre même avec peu... Bref, profiter de la vie, seul.e ou avec ses proches. Voici quelques exemples de loisirs populaires très répandus :

  • Se détendre et savourer le plaisir de ne rien faire : rien de tel qu’une bonne sieste… ou une petite promenade en famille pour se requinquer !
  • Rêver, frissonner et s’amuser en jouant à des jeux de hasard ou en allant à la fête foraine
  • Joindre l’utile à l’agréable en passant une après-midi à bricoler, à jardiner, à pâtisser, ou à la pêche
  • Passer du temps en famille, autour d’un bon repas à la maison, d’un goûter, d’un barbecue ou d’un pique-nique
  • Papoter avec ses copines le temps d’une aprem à l’aire de jeux ou flâner avec ses potes au café ou au coin de la rue (à vérifier)
  • Se vider la tête devant une série télé, un film, une émission ou un jeu vidéo – seul.e ou à plusieurs (à vérifier)
  • Relâcher la pression en passant du bon temps via des vacances en camping ou dans la famille

Même si la culture commerciale et les écrans (télé, jeux vidéos, internet) diffusent largement une culture de masse accessible à tous.tes chez les plus jeunes, ces loisirs restent une dominante parmi les milieux populaires…

3. Des enfants plus libres de jouer et de s’ennuyer

Alors que les enfants de familles bourgeoises ont souvent des emplois du temps très chargés, entre les devoirs et les activités … les enfants de milieux populaires ont plus de temps libre… Chercheurs qui ont rappelé récemment l’importance du jeu et de l’ennui pour le bon développement des enfants. Même si le temps passé devant les écrans a tendance à le réduire, cela reste un avantage des éducations plus populaires :

  • le jeu, l’exploration : des enfants plus « dégourdis » ?
  • l’ennui
  • l’importance de la sociabilité : un  critère pour préférer la crèche VS parents plus bourgeois = pré école (étude DREES)

autre texte : Beaucoup de spécialistes des enfants le disent : pouvoir s’ennuyer, c’est essentiel pour les enfants. Cela permet de développer la créativité, l’imagination, la capacité à gérer son temps… Or dans les milieux plus aisés, les enfants sont très occupés : ils passent souvent d’activités en activités en dehors de l’école et manquent de temps pour s’ennuyer. es enfants de milieux populaires ont plus de temps pour s’ennuyer et jouer. Même si les écrans ont tendance à réduire ce temps … Et pouvoir jouer, c’est essentiel pour bien grandir et pour des enfances heureuses, même dans la modestie. Alors,  vive la liberté des enfants populaires ! Est-ce pour cela qu’il existe de nombreux artistes issus de milieux populaires, qui sait ?

4. Plus de liberté dans les relations sociales et amoureuses

(a voir si laisser ou pas, si c’est sourcé ou pas? contestable d’un point de vue socio ? Mettre ici le paragraphe sur les mariages mixtes. ancien titre : « l’habitude du mélange »

Bien entendu, les milieux populaires n’échappent pas au repli sur soi, à la peur de l’autre et à la recherche de boucs émissaires. Mais il y a aussi une grande ouverture d’esprit, liée à une habitude du mélange social de milieux cosmopolites de longue date. Dès le 19eme siècle, des populations de toutes les régions de France, puis de toute l’Europe et enfin, du monde entier, ont afflué dans les villes françaises. Dans les cités, à l’usine, dans la rue … Dans les milieux populaires, le mélange est de pair depuis longtemps.

Ainsi, dans les quartiers populaires, et notamment dans les banlieues urbaines, de nombreuses cultures se mélangent, le vote d’extrême droite est plus faible qu’ailleurs et les mariages « mixtes » ne sont pas rares. Le cosmopolitisme et l’ouverture d’esprit ne sont pas réservés à une élite diplômée et hyper mobile : ils peuvent aussi se cultiver sur le pas de la porte, avec les voisin.es du monde entier !

 

Bref, être d’un milieu populaire, ce sont aussi des valeurs, une éducation, une culture, une énergie  dont on peut être fiers !

Et vous, vous reconnaissez vous dans ces modes de vie ? Quelles sont vos fiertés? D’après vous, quelles sont les forces des milieux populaires ? Dites-le nous en commentaires !

Pour aller plus loin : nos sources

  • Vincent Goulet, Que sont les classes populaires devenues?, 10 juin 2015… article résumé d’un livre de Siblot Y., Cartier M., Coutant I., Masclet O. et Renahy N, Sociologie des classes populaires contemporaines, Armand Colin, 2015.
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